Cette étude qui montre comment les aliments ultra-transformés (UPF) détruisent la santé métabolique et reproductive des hommes a comparé les effets d’une alimentation ultra-transformée à ceux d’une alimentation non transformée, à calories identiques.
Pendant 4 périodes de 3 semaines, chaque participant a reçu des repas fournis, pesés et strictement contrôlés : soit ultra-transformés, soit non transformés, avec un apport calorique soit normal, soit excédentaire de 500 kcal par jour.
Les 2 régimes affichaient une différence nette : le régime ultra-transformé tirait 77 % de ses calories des produits NOVA 4, alors que le régime non transformé dépassait 66 % d’aliments bruts et contenait moins de 1 % d’UPF. Cette structure permettait d’isoler l’effet du traitement industriel des aliments, indépendamment des calories ou des macronutriments.
L’ultra-transformé fait prendre du gras, même sans manger plus
Les résultats montrent que les participants prenaient entre 1,3 et 1,4 kg lorsqu’ils consommaient des aliments ultra-transformés, et ce dans les deux bras caloriques. Les analyses DEXA indiquent que cette prise de poids correspond presque intégralement à un gain de masse grasse, autour d’un kilogramme en moyenne.
Aucune hausse de la masse maigre n’a été observée.
Même avec des apports caloriques parfaitement identiques, les UPF induisent une prise de gras supérieure à celle prédite par les équations métaboliques classiques. L’étude confirme ainsi que les calories issues d’aliments ultra-transformés ne sont pas équivalentes à celles issues d’aliments bruts.
Des marqueurs métaboliques nettement dégradés
Le régime ultra-transformé entraîne une dégradation rapide de plusieurs paramètres cardiométaboliques : augmentation du rapport LDL/HDL, hausse du cholestérol total, élévation de la pression diastolique dans le bras en excès calorique, perturbations de la fonction thyroïdienne et chute de GDF-15.
La leptine tend également à augmenter, signe d’une potentielle résistance croissante.
Ces altérations apparaissent même lorsque les calories sont contrôlées, preuve que se focaliser uniquement sur le “trop de calories” masque les effets biologiques propres au degré de transformation des aliments.
L’impact sur la fertilité masculine
Les conséquences sur la reproduction masculine sont visibles dès 3 semaines : baisse significative de la FSH dans le bras en excès calorique, tendance à la baisse de la testostérone dans le bras normocalorique et diminution de la motilité totale des spermatozoïdes.
La concentration spermatique reste stable, mais la qualité globale du sperme est affaiblie.
Ces résultats s’inscrivent dans la tendance mondiale observée depuis les années 1970, avec une chute de près de 60 % du nombre de spermatozoïdes. Cette étude renforce l’hypothèse selon laquelle les aliments ultra-transformés participent à cette dégradation.
Des contaminants industriels retrouvés dans le sang et le sperme
Les analyses sanguines et spermatiques révèlent une exposition accrue à certains contaminants issus des emballages et des procédés industriels. Après un régime ultra-transformé, les niveaux du phthalate cxMINP augmentent, alors même que ce composé est connu pour ses effets délétères sur le système cardiovasculaire, le cerveau et la reproduction.
Les concentrations de lithium chutent dans le sang et le sperme, et le mercure diminue également, mais uniquement parce que l’alimentation non transformée contenait davantage de poisson.
Les graphiques du document montrent une accumulation plus importante de phthalates après la consommation d’UPF, confirmant leur rôle dans l’exposition quotidienne aux perturbateurs endocriniens.
Des effets inflammatoires transitoires mais cohérents
Le régime non transformé induit temporairement une hausse de certains marqueurs inflammatoires. Les auteurs expliquent ce paradoxe par le changement alimentaire abrupt : les participants consommaient habituellement plus de 50 % de calories issues d’UPF.
L’augmentation observée correspond à une réponse adaptative de court terme, sans remettre en question les améliorations métaboliques constatées avec l’alimentation non transformée.
Les limites de l’étude
L’étude dure 6 semaines effectives par participant, ce qui ne permet pas d’évaluer les effets chroniques. L’apport exact dépend en partie des déclarations des participants, même si les questionnaires quotidiens limitent les écarts. Enfin, les résultats concernent des hommes jeunes en bonne santé, ce qui pourrait sous-estimer les effets sur des populations plus fragiles.
Conclusion : les aliments ultra-transformés dégradent la santé, indépendamment des calories
L’étude démontre que les aliments ultra-transformés ont un effet direct et mesurable sur la santé métabolique, hormonale et reproductive. La prise de masse grasse, les perturbations endocriniennes, la baisse de qualité du sperme et l’exposition accrue aux phthalates ne résultent pas d’un excès calorique mais bien de la nature même des produits ultra-transformés.
Pour préserver la santé masculine à court et long terme, réduire fortement la part des aliments ultra transformés dans l’alimentation apparaît comme une stratégie incontournable.
