La confiance aveugle envers les laboratoires pharmaceutiques est un luxe que le sportif et le consommateur averti ne peuvent plus se permettre. Pour la 14ème année consécutive, une évaluation rigoureuse et indépendante de tout conflit d’intérêts a été mise à jour fin 2025 par Prescrire pour identifier les substances dont la dangerosité surpasse largement les bénéfices escomptés.
Ce bilan 2026 recense 108 médicaments autorisés en Europe, dont 89 sont activement commercialisés en France, qui exposent les patients à des dommages disproportionnés. Qu’il s’agisse de molécules anciennes dont l’usage est dépassé ou de nouveautés marketing aux effets indésirables mal maîtrisés, l’impératif de santé commande d’écarter ces produits de votre arsenal thérapeutique.
Les risques cachés des traitements cardiovasculaires et métaboliques
Le domaine de la cardiologie et du diabète est particulièrement touché par des substances aux promesses non tenues. Par exemple, l’aliskirène, un hypotenseur, n’a jamais prouvé son efficacité pour réduire les accidents cardiovasculaires, mais il expose paradoxalement à des insuffisances rénales. De même, des médicaments comme la dronédarone, l’ivabradine, le nicorandil ou la ranolazine n’apportent aucun progrès réel dans le traitement de l’angor ou des troubles du rythme, tout en augmentant les risques d’infarctus ou de bradycardie. On retrouve également sur la sellette l’olmésartan, qui peut causer des pertes de poids massives et des diarrhées chroniques, ou encore la trimétazidine, responsable de syndromes parkinsoniens. Pour les patients cherchant à réguler leur cholestérol, les fibrates comme le bézafibrate, le ciprofibrate et le fénofibrate sont à éviter car ils manquent d’efficacité préventive tout en étant toxiques pour les reins et le sang. Enfin, l’andexanet alfa, utilisé comme antidote, augmente en réalité les accidents thromboemboliques graves.
Côté nutrition et diabète, la vigilance est de mise face à la famille des gliptines, incluant l’alogliptine, la linagliptine, la saxagliptine, la sitagliptine et la vildagliptine, qui présentent des risques d’infections respiratoires et de pancréatites sans protéger des complications du diabète. La pioglitazone est également proscrite en raison de son lien avec les cancers de la vessie. Pour ceux qui luttent contre l’excès de poids, l’orlistat n’offre qu’une perte de poids dérisoire au prix de carences vitaminiques et de troubles digestifs sévères, tandis que l’association bupropione et naltrexone expose à des troubles neuropsychiques proches de ceux causés par les amphétamines.
La vérité sur les médicaments contre la douleur et l’arthrose
Le sportif, souvent sujet aux douleurs articulaires, se fait régulièrement avoir par des traitements d’une inefficacité notoire. Les prétendus anti-arthrosiques comme la chondroïtine, la diacéréine et la glucosamine n’agissent pas mieux qu’un placebo mais peuvent provoquer des hémorragies digestives ou des hépatites. Dans le même registre, le dénosumab à 60 mg et le romosozumab, utilisés pour l’ostéoporose, exposent à des fractures multiples à l’arrêt du traitement ou à un surcroît de mortalité cardiovasculaire. Pour soulager les muscles, les myorelaxants tels que la méphénésine, le méthocarbamol et le thiocolchicoside sont à bannir car ils sont soit génotoxiques, soit sources de dépendance, sans preuve réelle d’efficacité.
En cas de douleurs inflammatoires, certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont plus nocifs que d’autres. L’acéclofénac et le diclofénac oral sont connus pour leur toxicité cardiaque accrue, tout comme les coxibs tels que le célécoxib, l’étoricoxib et le parécoxib. Même les solutions locales ne sont pas sans danger : le kétoprofène en gel provoque des photosensibilisations graves, et les patchs de capsaïcine peuvent causer des brûlures au deuxième degré. D’autres substances comme le méloxicam, le piroxicam, le ténoxicam, ou encore la quinine pour les crampes et l’association Colchimax pour la goutte, présentent des balances bénéfices-risques nettement défavorables.
Le piège des traitements courants pour la digestion et le rhume
Il est choquant de constater que des produits de consommation courante comme les argiles médicamenteuses, notamment la diosmectite, l’hydrotalcite, la montmorillonite beidellitique et le kaolin, sont pollués naturellement par du plomb, un métal lourd toxique pour les reins et le système nerveux. Pour les nausées, des neuroleptiques comme la dompéridone, le dropéridol et la métopimazine font courir des risques de mort subite cardiaque totalement injustifiés par rapport à la bénignité des symptômes traités. Le traitement des fissures anales par le trinitrate de glycéryle ou de la constipation par le prucalopride expose également à des effets secondaires disproportionnés, tout comme la teinture d’opium dans les diarrhées.
Le secteur de l’ORL n’est pas épargné par les décongestants oraux ou nasaux contenant de l’éphédrine, de la naphazoline, de l’oxymétazoline, de la pseudo-éphédrine ou du tuaminoheptane, qui peuvent déclencher des accidents vasculaires cérébraux pour un simple rhume. Les sirops contre la toux à base d’ambroxol, de bromhexine, d’oxomémazine ou de pentoxyvérine, ainsi que le géfapixant et les comprimés pour le mal de gorge à l’alpha-amylase, sont tout aussi critiquables pour leurs risques d’allergies graves ou de troubles cardiaques. En pneumologie, le nintédanib, le roflumilast et le mannitol inhalé n’apportent aucun bénéfice concret sur la qualité de vie tout en étant hautement toxiques.
Santé mentale et neurologie : des solutions souvent illusoires
La prise en charge de la dépression et des troubles cognitifs révèle des défaillances majeures dans les produits autorisés. Les médicaments de la maladie d’Alzheimer, incluant le donépézil, la galantamine, la rivastigmine et la mémantine, ont une efficacité minime et transitoire mais provoquent des troubles cardiaques et des comportements violents. Pour la dépression, des molécules comme l’agomélatine, le citalopram, l’escitalopram, la duloxétine, le milnacipran, la venlafaxine, la réboxétine, la tianeptine et l’eskétamine nasale exposent à des risques de suicide, d’agressivité ou d’hépatites sans être plus performantes que les traitements de référence.
L’anxiété ne devrait pas être traitée par l’étifoxine, inefficace et toxique pour le foie, tout comme le sevrage tabagique ne justifie pas l’usage de la bupropione, qui peut entraîner des dépendances et des malformations congénitales. En neurologie diverse, on écartera le ginkgo biloba pour les troubles cognitifs, la fenfluramine dans l’épilepsie, ainsi que la flunarizine et l’oxétorone pour la migraine en raison de leurs effets extrapyramidaux. Les traitements de fond de la sclérose en plaques comme l’alemtuzumab, le natalizumab et le tériflunomide sont également jugés trop dangereux. Enfin, le naftidrofuryl pour la marche et la tolcapone pour Parkinson complètent cette liste de produits à éviter absolument.
Des menaces spécifiques en oncologie et dermatologie
Dans le cadre de maladies graves, l’exposition à des toxicités sans bénéfice clinique démontré est inacceptable. C’est le cas du défibrotide, du mifamurtide, du nintédanib antitumoral, du panobinostat, du roxadustat, de la trabectédine, du vandétanib et de la vinflunine, qui échouent souvent à allonger la durée de vie tout en dégradant fortement sa qualité. En infectiologie, la moxifloxacine présente des risques d’hépatites fulminantes supérieurs aux autres antibiotiques de sa classe.
En dermatologie et gynécologie, le consommateur est parfois victime de traitements esthétiques ou de confort risqués. Le finastéride 1 mg, qu’il soit oral ou local, pour l’alopécie, peut détruire la libido et mener à la dépression. Les immunodépresseurs locaux comme le pimécrolimus et le tacrolimus dermique augmentent le risque de cancers cutanés, tandis que la méquitazine et la prométhazine injectable présentent des dangers cardiaques ou de nécrose cutanée. En gynécologie, le fézolinétant pour les bouffées de chaleur et la tibolone pour la ménopause exposent à des cancers et à une toxicité hépatique pour un bénéfice quasi nul. Enfin, en urologie, le pentosane polysulfate oral peut gravement altérer la vision.
Les bons réflexes pour soigner sans nuire
Pour mieux se soigner, la prudence doit l’emporter sur le marketing pharmaceutique. Il est essentiel de privilégier des options éprouvées comme le paracétamol ou l’ibuprofène à doses maîtrisées pour la douleur, la metformine pour le diabète, ou des méthodes non médicamenteuses comme l’entraînement à la marche et les étirements. La quatorzième édition de ce bilan nous rappelle qu’en 2026, de nombreux médicaments plus dangereux qu’utiles restent sur le marché sans raison médicale valable, et c’est à vous, consommateur et patient, de rester critique pour ne pas être le dindon de la farce des laboratoires.
