Manger du chocolat pour maigrir, non ce n’est pas une blague ! Une étude réalisée par des chercheurs américains et bien d’autres auraient montré que ceux qui mangent du chocolat plusieurs fois dans la semaine sont en moyenne plus minces que ceux qui n’en mangent qu’occasionnellement.
Pourquoi manger du chocolat ferait-il maigrir ?
Les chercheurs ont montré que les substances qui se trouvent dans le chocolat contiendraient des antioxydants susceptibles d’augmenter la masse musculaire.
« À condition qu’il soit consommé dans le cadre d’une vie saine, le chocolat ne ferait pas grossir. Au contraire, il permettrait de contrôler son poids » précise la directrice du service des maladies cardiaques de l’hôpital Lenox Hill aux Etats-Unis.
Manger du chocolat pour maigrir, ouais bof .. et de toutes façons, privilégiez le chocolat noir qui contient plus d’antioxydants et moins de sucre !
Les propriétés nutritionnelles du chocolat noir et leurs limites
Le chocolat noir se distingue par une teneur élevée en cacao, ce qui explique sa richesse en flavanols, des polyphénols associés à certains bénéfices cardiovasculaires et métaboliques. Quelques études ont donc suggéré qu’ils pourraient influencer le métabolisme des graisses et des glucides, ou encore renforcer la sensation de satiété. Cette hypothèse a largement contribué à la réputation “santé” du chocolat noir.
Mais la réalité nutritionnelle est plus nuancée. Le chocolat noir est un aliment très énergétique : environ 531 kcal pour 100 g (donc en gros, une bonne heure de course …). Il contient aussi une quantité notable de sucres et près de 21 g de graisses saturées pour 100 g en moyenne. Ces valeurs dépassent facilement les recommandations visant à limiter les sucres libres et les graisses saturées afin de réduire les risques métaboliques.
Le résultat est clair : si l’on en consomme trop, le chocolat noir contribue à un excédent calorique, ce qui favorise la prise de poids. Le fait qu’il contienne du cacao ou des polyphénols ne suffit pas à compenser cette densité énergétique.
Les études qui évoquent un lien entre chocolat et poids corporel
Certaines études transversales ont trouvé une association entre consommation de chocolat et indice de masse corporelle plus faible. Ces résultats ont parfois été présentés comme une preuve que le chocolat noir ferait maigrir. Pourtant, ce type d’étude ne permet jamais d’établir un lien de cause à effet.
Un biais important apparaît rapidement : la causalité inverse. Il est impossible de savoir si ce sont les consommateurs de chocolat qui ont naturellement un IMC bas ou si des personnes qui prennent du poids réduisent leur consommation après un problème de santé. Lorsque les chercheurs retirent de l’analyse les participants souffrant de maladies liées à l’obésité, l’association devient beaucoup moins nette.
Autrement dit, ces études ne démontrent absolument pas que le chocolat noir entraîne une perte de poids.
Les preuves plus robustes : aucun effet significatif sur la perte de poids
Les études les plus fiables sont les essais cliniques randomisés et les analyses regroupant plusieurs études. Plusieurs essais ont testé une consommation quotidienne de 20 à 50 g de chocolat noir sur des durées allant de deux à huit semaines. Aucun de ces travaux n’a mis en évidence de perte de poids notable.
Une revue systématique et une méta-analyse ont confirmé ces résultats en ne trouvant aucun effet significatif du chocolat noir ou du cacao sur le poids, l’indice de masse corporelle ou le tour de taille. Un sous-groupe de participants consommant plus de 30 g de chocolat sur une période de quatre à huit semaines a montré une légère diminution de poids, mais cette observation reste marginale et isolée.
Dans l’ensemble, les résultats sont contradictoires et insuffisants pour affirmer que le chocolat noir favorise la perte de poids. Les chercheurs soulignent d’ailleurs qu’il faudrait des études plus longues et mieux contrôlées pour trancher la question.
Comment intégrer le chocolat noir sans compromettre la gestion du poids
Le chocolat noir ne fait pas maigrir, mais il peut s’intégrer dans une alimentation équilibrée. Les recommandations générales pour la gestion du poids restent les mêmes : privilégier les aliments riches en nutriments, choisir l’eau comme boisson principale et limiter les produits riches en graisses saturées, en sucre et en sel. Le chocolat noir appartenant précisément à cette dernière catégorie, il doit être consommé avec modération.
Une portion raisonnable se situe autour de deux ou trois carrés, soit 10 à 20 g. Le consommer en fin de repas permet de profiter de l’effet de satiété déjà installé, ce qui évite d’enchaîner sur une consommation excessive. Les chocolats à 70 % de cacao et plus ont l’avantage de proposer une saveur plus intense, ce qui réduit naturellement la quantité consommée.
Enfin, intégrer le chocolat dans une alimentation équilibrée consiste aussi à éviter de le considérer comme une “colle émotionnelle” qui sert à compenser un stress ou une fatigue. Dans ces situations, la portion grimpe très vite, ce qui annule tout effort de gestion du poids.
Ce que les marques préfèrent taire
Les industriels aiment mettre en avant les antioxydants du cacao. Ils jouent sur une ambiguïté : ils valorisent une molécule intéressante présente dans la fève, tout en donnant l’impression que le produit final est “bon pour la santé”. Mais ils évoquent rarement la densité calorique, la teneur en graisses saturées ou le sucre ajouté. Ce type de discours est courant dans l’industrie agroalimentaire : un ingrédient valorisant est mis au premier plan tandis que les éléments problématiques disparaissent en arrière-plan.
Cette stratégie crée l’illusion d’un aliment presque “fonctionnel”, alors qu’il s’agit surtout d’un produit plaisir à forte densité énergétique. C’est un piège marketing classique que de nombreux consommateurs sous-estiment.
Par ailleurs, si vous regardez la composition de la plupart des chocolats, pour garder des prix « raisonnables », les fabricants mettent de moins en moins de vrai chocolat…
En conclusion, le chocolat noir est un aliment agréable, riche en cacao et doté de certains composants intéressants pour la santé. Mais il ne permet pas de perdre du poids et n’a pas démontré d’effet minceur dans les études les plus rigoureuses. Les rares signaux positifs observés dans des sous-groupes restent insuffisants pour en tirer des conclusions.
Cela ne signifie pas qu’il faut y renoncer. Intégré avec modération dans une alimentation équilibrée, il reste parfaitement compatible avec une gestion raisonnable du poids. Mais il ne doit jamais être considéré comme un outil de perte de poids. La priorité doit rester la cohérence globale de l’alimentation, l’activité physique et la capacité à distinguer les faits scientifiques des promesses commerciales trop séduisantes.
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D’après ce que j’ai pu voir sur des publications scientifiques, l’explication serait que les fibres du cacao serait de bons capteurs de lipides (de graisses donc), et de plus, il contiendrait une substance apparentée à l’opium en très faible quantité, ce qui donnerait un pouvoir « coupe faim » important au chocolat. Mais attention, ceci n’est valable que pour le chocolat pur cacao et non pas avec tous les chocolats… Il faut bien différencier les chocolats sinon, cela vous fera en fait grossir !