La dengue en France

La dengue est une maladie infectieuse transmise par certains moustiques présente avant tout dans toutes les régions tropicales. Mais qu’en est-il en France métropole?

 

La dengue est transmise par la piqûre d’un moustique diurne du genre Moustique -Tigre ( un moustique noir à rayures blanches), infecté par un virus de la dengue. Il y a encore cinq ans, ce moustique n’occupait que 5 départements français. Aujourd’hui  il est présent dans 18 départements métropolitains : Alpes-Maritimes, Alpes de Haute-Provence, Var, Bouches-du-Rhône, Haute-Corse, Corse-du-Sud, Gard, Hérault, Aude, Pyrénées-Orientales, Ardèche, Vaucluse, Drôme, Isère, Rhône, Haute-Garonne, Lot-et-Garonne et Gironde.

 

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Il n’y a pas de transmission directe de personne à personne. La dengue sévit sur un mode endémo-épidémique dans les Caraïbes et sur le continent latino-américain, en Océanie, dans les îles du Pacifique Sud et de l’Océan Indien, en Asie du Sud et du Sud-est, et, à un moindre degré, dans les pays de l’Afrique intertropicale

Ce virus circule régulièrement dans les départements français des Amériques (Martinique, Guadeloupe, Guyane), dans les iles françaises du pacifique et de l’océan indien.

Le moustique-tigre ou Aedes albopictus,  vecteur potentiel de la dengue (mais également du chikungunya) est également présent dans certains départements du sud de la France. Dans ces départements, le risque d’une circulation de la dengue suite à l’introduction du virus par un voyageur malade est donc possible.

Les symptômes sont le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures) se manifestent dans les 3 à 14 jours (4 à 7 jours en moyenne) qui suivent la piqure par le moustique. La dengue touche indifféremment les nourrissons, les jeunes enfants et les adultes. L’hospitalisation est parfois nécessaire. Dans les cas de formes hémorragiques, qui restent rares, la maladie peut être grave voire entrainer le décès.

Quatre types (ou sérotypes) de virus sont dénombrés, désignés par dengue 1 (DEN-1), dengue 2 (DEN-2), dengue 3 (DEN-3) et dengue 4 (DEN-4). Il est donc théoriquement possible de contracter 4 fois la Dengue (en effet si l’on a été infecté par un sérotype de dengue, on est immunisé ensuite uniquement contre celui-ci). Il n’existe ni traitement curatif spécifique ni vaccin contre la dengue.

La lutte contre les moustiques et la protection individuelle (répulsif, port de vêtements longs et amples…) constituent les meilleurs moyens de réduire le risque épidémique.

Néanmoins  » le risque d’épidémie de dengue en France  augmente d’année en année », explique Didier Fontenille, directeur du Centre national d’expertise sur les vecteurs (CNEV). « Les zones où il s’est installé durablement se multiplient, les moustiques sont plus nombreux et l’importation de virus en provenance de zones tropicales progresse au rythme de l’augmentation des voyages.  »

L’activité du moustique-tigre s’étend du 1er mai à la fin octobre. Pour s’informer et  signaler la présence de l’insecte,  le CNEV (Centre National d’Expertise sur les Vecteurs ) a créé un site pour le grand public à la demande du ministère de la santé : www.signalement-moustique.fr.

Sur ce site officielle est conseillé de prendre le moustique en photo puis d’envoyer la preuve de son éventuelle présence au CNEV. « C’est une espèce invasive qui vit dans les villes et les villages. Son cycle de vie est inféodé au mode de vie urbain, il aime les petites collections d’eau, les petits réservoirs que l’on peut trouver dans les jardins, sur les balcons, les soucoupes, les jouets, etc. Et il préfère piquer un humain qu’un animal », explique Rémi Foussadier, directeur de l’Entente interdépartementale de démoustication (EID) Rhône-Alpes.

Si le nombre de moustiques tigres présents en France se chiffre par milliards, les épidémies et les cas de maladie autochtone (contractée en métropole) comme la dengue sont excessivement rares en France . Plusieurs cas de chikungunya autochtones avaient été signalés dans le Sud-Est en 2010.
Dans le  scenario d’une contamination rapide on estime que si  une personne infectée par le virus dans une région à risque, tropicale, est piquée par un moustique tigre une fois revenue sur le sol métropolitain. La femelle porte alors le virus dans ses glandes salivaires. En piquant une nouvelle personne, elle innocule salive et virus. « Une femelle moustique peut piquer deux à trois personnes pour un seul repas, notamment si elle est interrompue durant celui-ci, raconte le chercheur directeur du CNEV. Et elle prend un repas environ tous les trois jours. Durant son mois de vie, le moustique peut avoir contaminé dix, vingt, voire trente personnes. »

Pour lutter contre le moustique tigre, et éviter les épidémies de dengue,  la France conduit sur l’île de la Réunion, une expérimentation de moustique mâle stérile. En fécondant les femelles, celui-ci empêche la reproduction. Commencée en 2009, l’expérience va entrer dans une nouvelle phase, où les moustiques stériles seront lâchés en plein champ. Cette technique permettrait de ne plus être obligé d’utiliser des insecticides, qui sont polluants et dangereux pour les abeilles.

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